Les impacts sur la biodiversité

 

 

 

 

La biodiversité contribue au bon fonctionnement global des écosystèmes et des processus naturels tels que la qualité de l’air, la régulation climatique, la purification de l’eau, la lutte contre les parasites et les maladies, la pollinisation …

Depuis la Révolution industrielle, l’homme traite les ressources naturelles comme si elles étaient infinies et nous conduit à un taux actuel d’extinctions des espèces mille fois plus élevé que le niveau jugé naturel.

 

Les effets des pesticides sur la faune et la flore sauvages 

 

   
Ce sont surtout des espèces au sommet de la chaîne alimentaire (mammifères, oiseaux, etc.), qui témoignent des problèmes posés par les pesticides. Mais les animaux les plus touchés sont les insectes (notamment butineurs comme les abeilles et papillons) et les animaux à sang froid (comme les reptiles et les amphibiens). Ainsi, des micro-organismes à la baleine bleue, toutes les espèces sont des victimes, actuelles ou à venir, des millions de tonnes de pesticides déversées sur la planète.

   
 

 

Les effets directs des pesticides

 

Les effets des pesticides sur les êtres vivants sont de différentes natures : mort subite, mort prématurée, atteinte à la fertilité, malformations, baisse des défenses immunitaires…

 

De nombreuses observations convergentes montrent que les traitements phytosanitaires ont des effets importants sur les insectes pollinisateurs, ces derniers subissant des pertes immédiates ou différées qui affectent les adultes ou les larves. L’intoxication par du nectar, du pollen, de l’eau, voire du miellat de pucerons contaminés, peut provoquer la mort des adultes ou des larves d’abeilles par exemple.Il existe également des symptômes dits sublétaux (qui ne provoquent pas la mort immédiate mais ont des conséquences à terme sur les populations) : troubles du comportement, mort prématurée, dérèglement du système de transmission des informations.
L’imidaclopride, l’agent actif du Gaucho®, serait à l’origine de véritables hécatombes observées dans les ruchers du Sud-Ouest. Sous l’action des apiculteurs, l’utilisation de cette molécule a été suspendue en 1999 sur tournesol, puis en 2004 sur maïs.

 

Incidences sur la reproduction

 

Plusieurs études menées sur des espèces sauvages, dans la nature ou en laboratoire, indiquent que certains pesticides ont une action endocrine, entraînant des effets néfastes.

 

À titre d’exemple, l’atrazine, massivement utilisée par le passé sur le maïs, perturbe le développement sexuel des grenouilles à une concentration trente fois inférieure au niveau admis par l’Agence Américaine de Protection de l’Environnement. Certains têtards se transforment ainsi en hermaphrodites et chez les grenouilles mâles arrivées à maturité sexuelle, l’herbicide divise par dix le taux de testostérone, pour atteindre des taux inférieurs à ceux des grenouilles femelles normales.

 

 

Les effets que nous venons de décrire concernent la faune. Mais la flore est évidemment concernée, avec en premier lieu les adventices et autres plantes sauvages supérieures se développant à proximité des zones agricoles. La microflore et la macroflore sont aussi atteintes et dans certaines zones, on peut suspecter un lien de cause à effet entre l’utilisation des pesticides et la disparition de lichens ou le dépérissement forestier.

 


Enfin, il faut aussi signaler l’adaptation de certaines espèces aux produits utilisés : plus de 600 espèces d’insectes et près de 60 espèces de “mauvaises herbes” sont devenues résistantes aux produits phytosanitaires. L’agriculture intensive cherche alors à répondre à ces phénomènes de résistance en développant d’autres pesticides ou en faisant appel aux plantes génétiquement modifiées, ce qui génère de nouveaux risques pour la biodiversité.

 

 

Les effets indirects des pesticides

 

Les pesticides ont donc des effets directs sur de nombreux insectes et végétaux non désirés, ainsi que sur la faune et la flore non ciblés. Mais des effets indirects s’observent également :

 


- la réductions des disponibilités alimentaires pour les animaux d’espèce supérieure. L’on observe par exemple en France une diminution de la population d’hirondelles de fenêtre qui s’explique par la destruction illégale des nids mais aussi et surtout, pour ces purs insectivores, par le manque de nourriture suite à l’usage massif des insecticides.

 


- la contamination de la chaîne alimentaire. La consommation répétée de proies intoxiquées conduit à la concentration de certains pesticides non biodégradables dans l’organisme des prédateurs, qui s’intoxiquent à leur tour. 
Les impacts sur la biodiversité ne se limitent donc pas aux quelques jours qui suivent les traitements phytosanitaires. Ils peuvent s’observer bien après, du fait de la persistance des produits comme de la perturbation des équilibres des écosystèmes.

 

                                        

 

 

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Les pesticides





 

Des liens utiles:

 

 

Effets des pesticides sur certains éléments de la faune et des auxilliaires utiles

(Chambre agri. Rhône-Alpes)

 

Les impacts des pesticides sur la biodiversité

(FNE)

 

Les impacts des pesticides sur les oiseaux

(Ornithomedia)

 

Impacts des pesticides sur les abeilles

(Apiservices)

 

 

 

Revue de presse:

 

 

Les impacts des pesticides sur la biodiversité (Echo de la Creuse, 20/02/10)